Peugeot: Lespremiers rugissements de la bête

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Peugeot: Lespremiers rugissements de la bête

Message  Admin le Ven 15 Aoû - 17:04

Alors que Peugeot ­repartira en ­janvier prochain à l’assaut du légendaire Dakar, The Red Bulletin a ­assisté en exclusivité aux premiers tours de roues de la ­bestiale 2008 DKR. La mission de cette bête affamée ? ­Détrôner les 4×4 sur le ­rallye raid le plus éprouvant du monde.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Vendredi 27 juin. Alors que les mécaniciens de Peugeot Sport s’affairent autour de leur camion pour décharger leur précieuse cargaison sur la piste d’essais de Freneuse, l’émotion de Philippe Wambergue, le maître des lieux, est palpable. Ancien pilote Peugeot Sport, il a lui même conduit une 205 Turbo 16 Grand Raid officielle sur deux Dakar en renfort d’Ari Vatanen.

En tant que propriétaire du domaine de Galicet, cette petite piste d’essais nichée au confins de la Normandie à 70 km de Paris, il a aussi assisté aux premiers tours de roues de quasiment toutes les Peugeot qui ont fait la légende de la marque. Alors vivre les premiers kilomètres de cette 2008 DKR, symbole du grand retour de Peugeot sur le Dakar, est une émotion intense qui lui rappelle une époque bénie.

Le grand Carlos Sainz, double champion du monde des rallyes, dont la dernière victoire sur le Dakar date de 2010, est aussi fébrile : « C’est un moment très spécial. Cet essai marque le début d’une nouvelle aventure pour moi avec une nouvelle équipe. Et puis, procéder aux premiers tours de roues d’une nouvelle voiture est toujours une sensation unique, comme un saut dans l’inconnu. »



Déjà vêtu de sa combinaison, le champion espagnol vide ses poches pour plus de confort. Et confie son téléphone à un spectateur de confiance : un certain Stéphane Peterhansel, son nouvel équipier onze fois vainqueur du Dakar ! Même s’il n’a pas été retenu pour procéder à ce baptême du feu, le recordman auto et moto du Dakar n’a pu s’empêcher d’assister à ce moment historique : « Je comprends que Carlos ait été choisi pour ce premier roulage. Il a plus d’expérience des deux roues motrices puisqu’il a disputé les deux derniers Dakar sur des buggys. Je ne suis pas frustré. Je tenais toutefois à être présent pour m’imprégner de ses sensations et suivre le projet dès le départ. »

Lucas Cruz, copilote de l’Espagnol lors du succès de 2010, reprend du service pour ce pari de taille : « Cela fait longtemps que l’on n’a pas vu une voiture aussi technologique se préparer pour le Dakar ! »

À quelques mètres de là, Jean-Christophe Pallier, le responsable technique du projet, est moins prolixe : « Je suis toujours anxieux avant un premier roulage », confesse-t-il. À 55 ans, il a la responsabilité technique de ce défi osé : battre les 4×4 avec une deux roues motrices à moteur diesel ! En 35 éditions du Dakar, ce serait une grande première… « Nous avons privilégié les aptitudes au franchissement et la faculté à rouler dans le sable qu’offrent les deux roues motrices, explique l’ingénieur. Par rapport aux 4×4, le règlement permet aussi d’être beaucoup plus léger et d’avoir des roues et des débattements de suspension plus généreux. » Lancé par Peugeot dan+s la foulée de son succès à Pikes Peak, il y a un an, ce défi entre dans une phase cruciale avec ce premier roulage.

Emprunter une telle voie n’est pas aisé. D’autant que le Dakar n’a rien à voir avec Pikes Peak : « La 2008 DKR et la 208 T16 Pikes Peak sont même aux antipodes l’une de l’autre, souligne Bruno Famin, le directeur de Peugeot Sport, présent lui aussi sur place. L’une est une bête d’asphalte alors que l’autre est une bête de désert : elles n’ont rien à voir ! » Heureusement, le culte du rallye a toujours été entretenu chez Peugeot Sport qui s’appuie sur une solide expérience pour s’attaquer au Dakar. Deux membres de l’équipe ont même connu la glorieuse épopée des 205 et 405 T16 Grand Raid (4 victoires entre 1987 et 1990). Chef d’atelier à Vélizy, Patrice Lacour est l’un d’eux. Après quelques nuits blanches, il rôde autour de la 2008 DKR à l’affût d’éventuels ajustements.

D’un coup de démarreur, Carlos Sainz fait rugir une première fois le V6 bi-turbo diesel de 340 chevaux qui est installé dans son dos. Le bruit est feutré. Loin des hurlements rauques de la 208 T16 Pikes Peak, il se rapproche davantage de celui de la 908 HDi victorieuse aux 24 Heures du Mans. Bruno Famin immortalise cet instant avec son smartphone. 16 h 24 : après avoir calé, l’Espagnol permet enfin à la jeune bête de s’ébrouer. Très haute sur ses roues, elle s’élance sur la petite piste attenante avec l’hésitation d’un nouveau né. Presque pataude. Les mécaniciens se jettent des regards complices, conscients de vivre un moment fort. Après quatre minutes : retour au bercail. Jean-Christophe Pallier rassure Carlos Sainz : « Pas étonnant si tu cales. La cartographie “pédale” est celle du banc d’essais. Elle n’est pas définitive. » Carlos fait régler la position de son siège alors que les électroniciens chargent les données enregistrées par une centaine de capteurs. Après un petit crachin, Sainz repart pour un run plus long, ponctué par quelques survirages intempestifs. « Je n’ai pas de grip », se plaint l’Espagnol à son retour. Au côté de Jean-Christophe Pallier, le jeune ingénieur Florent Meilhaud retranscrit scrupuleusement tous les commentaires.

Après cinq ans au service compétition clients, il effectue ses grands débuts dans un programme d’usine et se retrouve en première ligne auprès de la star des metteurs au point ! « C’est impressionnant et formidable de pouvoir s’appuyer sur son expérience, confie Meilhaud. Bien sûr, il y a plein de petits points à revoir, comme les stratégies de passages de vitesses, mais globalement il est assez content de la voiture. » Suffisamment pour lancer la bête sur la piste d’essais, plus longue et plus proche d’une vraie spéciale de rallye.

Carlos y engage alors la 2008 DKR sans ménagement, avalant jumps, compressions et autres épingles avec une autorité impressionnante. Sur un terrain aussi accidenté, la machine est bien plus à son avantage grâce à ses grosses roues de 37 pouces et ses débattements de suspensions de 460 mm (contre 250 aux 4×4 traditionnels). Positionné au niveau de la bosse, Stéphane Peterhansel observe en expert. « Elle me paraît réglée un peu trop “haute”, mais c’est normal. Nous n’avons pas encore entamé son développement. Le déverminage d’aujourd’hui ne vise qu’à s’assurer que tous les organes fonctionnent. »

Précaution récompensée : quelques minutes plus tard, il repart et ne s’arrêtera qu’à la tombée de la nuit, vers 22 heures !

Verdict du Matador : « Nous avons encore peu roulé et sur une spéciale plutôt typée WRC que rallye raid, il est donc délicat d’établir des comparaisons avec d’autres voitures que j’ai pu conduire auparavant.  En revanche, la 2008 DKR affiche un potentiel prometteur. Bien sûr, il y a encore beaucoup de travail à faire tant en fiabilité qu’en performance. » Toute la Dream Team est déjà lancée à plein régime dans ce travail de développement : le légendaire Madrilène Carlos Sainz, Cyril Despres (qui troque le guidon de sa Yamaha pour un volant) ainsi que Stéphane Peterhansel, alias « Monsieur Dakar ». Elle devrait même disputer un premier rallye raid, cet automne, en guise de répétition générale avant le Dakar 2015. Avec trois voitures à préparer et toute une logistique à mettre en place pour janvier prochain, une véritable course contre la montre a d’ores et déjà commencé !

Le recordman du Dakar ira lui même mesurer le débattement, quelques minutes plus tard, une fois la 2008 DKR revenue à sa base… à la tirette. En effet, trois vis fixant un flasque de sortie de boîte ont cédé. Soucieux de ne pas faire plus de dégâts, Carlos a alors prudemment attendu de l’aide.
avatar
Admin
Admin

Messages : 676
Date d'inscription : 28/12/2010

http://rr43.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum